Tenir compte de l’ordre de gouvernement pour lequel on travaille

revision-pour-provincial-ou-federal-dominique-fortier. Savoir qui est son client lorsque l'on révise ou rédige un texte. Toujours tenir compte du fait que son client vient du provincial ou du fédéral. L'orthographe ou la typographie peuvent varier. Know your client when editing or writing a text in French. Ask yourself from which kind of organisation he or she comes from. Does he or she come from the Quebec provincial government or from the federal government? One has to adjust the terminology and typography according to one or the other rules.On peut souvent avoir l’impression qu’il y a une faute ici ou là, selon la provenance du texte que l’on a sous les yeux. Et se demander ce qu’il faudrait écrire ou s’il faut corriger ceci ou cela. Eh bien! ça dépend.

Les personnes qui rédigent, révisent ou traduisent des textes doivent prendre en compte d’« où » ces derniers proviennent. Émanent-ils du gouvernement fédéral, du gouvernement provincial, d’organismes parapublics provinciaux ou fédéraux? Il faut se poser la question pour éviter de commettre des impairs.

Prenons le cas de mots ou d’expressions qui vont s’écrire différemment selon que l’on traite un texte pour un ministère/organisme québécois ou pour un ministère/organisme fédéral. Il faut suivre les recommandations des ouvrages de référence reconnus qui sont, pour le provincial, Le grand dictionnaire terminologique et autres outils terminologiques de l’Office québécois de la langue française ainsi que le Multidictionnaire de la langue française et, pour le fédéral, Termium Plus®, Le guide du rédacteur et autres outils terminologiques du Bureau de la traduction.

Voici quelques exemples (ceux-là reviennent régulièrement, mais si vous en connaissez d’autres, mentionnez-les dans les commentaires et nous allongerons la liste) de graphies différentes à respecter selon que l’on travaille pour un ministère/organisme provincial ou pour un ministère/organisme fédéral :

Au provincial, on écrira :

Au fédéral, on écrira :

l’opposition* officielle l’Opposition officielle ou l’opposition officielle
l’Organisation des Nations unies* l’Organisation des Nations Unies
les autochtones du Canada les Autochtones* du Canada
Les lois (y compris le mot « charte ») et les textes d’application des lois (règlements, ordonnances, décrets) s’écrivent en romain.
– la Loi sur l’assurance-édition permet aux éditeurs…
– la Charte de la langue française proclame…
Les lois (y compris le mot « charte** ») et les textes d’application des lois (règlements, ordonnances, décrets) s’écrivent en italique.
– la Loi sur l’assurance-édition* permet aux éditeurs…
– la Charte de la langue française proclame…

* Ce que j’utiliserais, personnellement.
** Le mot « charte », bien qu’absent du Guide du rédacteur, se traite comme un nom de loi.

Ainsi, dans un texte du fédéral, évitera-t-on de corriger l’expression « Opposition officielle » si le O est en majuscule, puisque le Bureau de la traduction l’accepte. On veillera toutefois à uniformiser cette graphie dans tout le texte (soit seulement des O, soit seulement des o, le o minuscule étant également permis). Pour le Québec, il n’y a que le o en bas-de-casse qui soit admis.

Pour ce qui est de l’usage du U majuscule de « Nations Unies » au fédéral, je crois qu’il provient le la mise en majuscule, à l’origine, de la première lettre de chaque élément d’un acronyme (les Français font cela, et cet organisme est international) et sous l’influence de l’anglais « United Nations » (qui met des majuscules aux noms et aux adjectifs dans les titres). Le Québec, pour sa part, suit la règle générale qu’il préconise, soit celle du « pas de majuscule aux adjectifs dans les titres ». D’où le u en bas-de-casse à « unies ».

En ce qui concerne le a du mot « autochtones », le Québec le met en bas-de-casse, car il fait référence à des personnes « vivant sur le territoire habité par ses ancêtres depuis un temps immémorial », alors que, dans la fonction publique fédérale, on considère le mot « Autochtones »  comme un nom propre qui désigne l’entité sociopolitique que forme l’ensemble des peuples inuits, amérindiens et métis, et il appelle par conséquent la majuscule au A.

Quant aux titres de lois composés en italique au fédéral et sans italique au provincial, tout ce que je peux dire, c’est que c’est comme ça. Alors autant le savoir et ne pas utiliser l’italique au provincial. Cela ne passe pas. De même pour l’italique au fédéral. Il FAUT y avoir recours. Pour ma part, je trouve l’italique très utile dans le cas des lois, car il permet de saisir du premier coup d’œil où se termine le titre et où reprend le texte régulier.

Certains ministères ou organismes établissent des guides de rédaction à l’intention des rédacteurs et autres réviseurs ou traducteurs de l’extérieur (pigistes, contractuels) afin que les textes qu’ils publient soient le plus uniformes possible. Il est bon de s’informer si de tels documents existent et de s’y référer, le cas échéant.

En définitive, il faut toujours garder à l’esprit qu’« à Rome, on fait comme les Romains! ».

 

 

 

La p’tite hart

Hart, n. f. : fine branche dégarnie de ses feuilles et employée comme fouet.
https://i2.wp.com/openclipart.org/image/300px/svg_to_png/17424/xeolhades_mouth.png?resize=26%2C19 [prononcé « la p’ti-te hâr » avec un h bien aspiré
et sans le t final]

 Type de branches d'arbuste qui pourrait servir à fabriquer une petite hart devant servir de fouet. Hart rouge/Cornus stolonifera

Quand maman nous menaçait de la p’tite hart, on se poussait. C’est qu’elle était rendue à bout de nerfs et d’arguments, qui consistaient en général à des heures et des heures d’exaspération et d’avertissements de nous tenir tranquilles.

Sa patience, telle une carpette sur laquelle tout le monde s’essuyait les pieds ces jours-là ― des journées erratiques où tout avait commencé généralement par l’annonce, assez tôt le matin, d’une « tempête de marde » (décoder que la journée commençait ben mal et allait être longue et tumultueuse, comme lorsque les animaux sentent la tempête) ―, était usée à la corde. Elle avait atteint ses limites. Elle sortait de ses gonds et allait chercher sa p’tite hart. Aille! ouille ouille ouille! On s’écartait de son chemin. Là, on venait de comprendre.

Voici quelques définitions de ce petit mot frappant, tirées de vieux dictionnaires :
Définition du mot « hart » tirée du « Dictionnaire des canadianismes : nouvelle édition revue et augmentée », de Gaston Dulong, Sillery, Les éditions du Septentrion, 1999.
Définition du mot « hart » tirée du « Glossaire du parler français au Canada », par La société du parler français au Canada, Presses de l'université Laval, Québec, 1968. Réimpression de l'édition publiée en 1930 par l'Action Sociale ltée à Québec.
Définition du mot « hart » tirée du « Dictionnaire général de la langue française au Canada , de Louis-Alexandre Bélisle, Québec, Belisle Éditeur, 1957.
et son étymologie :
Étymologie du mot « hart » tirée du « Dictionnaire étymologique de la langue française » d'Oscar Bloch et Walther von Wartburg, 1re édition « quadrige : 2002 », PUF, 1932.

La p’tite hart constituait l’argument ultime avant le recours à « popa » et à sa main aussi raide et cinglante, sinon plus, qu’une branche de bois. Ces jours-là, personne ne souhaitait se rendre à cette dernière étape, et celles et ceux qui l’ont franchie s’en souviennent encore. Mais pas moi, car j’étais vraiment « pissoune » et je m’arrêtais avant.

Hymne au printemps

Mauve-spring_crocus-printemps-photo-artiste-dominique-fortier; étamines jaunes; yellow stamens; fleur; flower;

Dominique Fortier
Crocus de printemps mauves, 2014
Photographie numérique
Québec

Des fleurs pour ce que je considère comme, enfin, l’arrivée du printemps. Et deux chansons (tirées de YouTube) à la clé, que voici, accompagnées de leurs paroles :

L’hymne au printemps
paroles et musique : Félix LeclercLes blés sont mûrs et la terre est mouillée
Les grands labours dorment sous la gelée
L’oiseau si beau, hier, s’est envolé
La porte est close sur le jardin fané…

Comme un vieux râteau oublié
Sous la neige je vais hiverner
Photos d’enfants qui courent dans les champs
Seront mes seules joies pour passer le temps
Mes cabanes d’oiseaux sont vidées
Le vent pleure dans ma cheminée
Mais dans mon cœur je vais composer
L’hymne au printemps pour celle qui m’a quitté

Quand mon amie viendra par la rivière
Au mois de mai, après le dur hiver
Je sortirai, bras nus, dans la lumière
Et lui dirai le salut de la terre…

Vois, les fleurs ont recommencé
Dans l’étable crient les nouveau-nés
Viens voir la vieille barrière rouillée
Endimanchée de toiles d’araignéeLes bourgeons sortent de la mort
Papillons ont des manteaux d’or
Près du ruisseau sont alignées les fées
Et les crapauds chantent la liberté
Et les crapauds chantent la liberté…

(figure sur l’album Le p’tit bonheur
Philips 838 459-2)

Toi, le printemps
Pierre Calvé, 1964Lorsqu’il neigera sur la mer des oies sauvages
Que le vent d’avril ramènera
C’est toi qui feras mon printemps de ton visage
Car les oies je ne les verrai pas

Refrain :
Une hirondelle ne fait pas le printemps
Mais toi tu feras le mien ma belle
Et nous rirons et nous rirons d’elles
Car tu feras mon printemps

Lorsque les abeilles au bistro des fleurs sauvages
Iront goûter le vin des lilas
Je grappillerai mon printemps dans ton corsage
Car les fleurs je ne les verrai pas

Refrain :
Une hirondelle ne fait pas le printemps
Mais elle l’appelle, elle l’appelle tant
Que l’amour vient faire les filles belles
Belles à faire un printemps

Lorsqu’il neigera sur la mer des oies sauvages
Que le vent d’avril ramènera
Mon printemps sera de la longueur des voyages
Trop courts que je ferai dans tes bras

Refrain :
Une hirondelle ne fait pas le printemps
Mais toi tu feras le mien ma belle
Et nous rirons et nous rirons d’elles
Car tu feras mon printemps

Avec leurs filets quand les araignées en liesse
Pêcheront des gouttes de rosée
Moi je pêcherai mon printemps dans ta jeunesse
Car la mienne est un filet troué

Refrain :
C’est une belle qui fait le printemps
Lorsque c’est elle que l’on attend
Et toi tu feras le mien ma belle
Tu seras mon printemps