Ma tante Tabac-Croche

Elle était courte su’ pattes (5 pi, 5 pi 1), les jambes croches, menue, tassée, ridée comme une vieille pomme, vieillie par les grossesses à répétition (elle a eu quelque chose comme 18 enfants), l’air d’un gnome rigolard avec le mâche-patates pas de dents — ça coûtait trop cher, dans ce temps-là, les dentiers [mais dans ce temps-ci aussi quand on n’a pas d’argent] — qui avait toujours l’air de sourire en s’écrasant.

C’était une Roger‑Bontemps. S’en faisait avec rien (du moins, il me semblait). Peut-être parce qu’elle était au coton et que sa maternitude avait eu raison de ses aspirations personnelles, si elle en eut jamais. Ou parce qu’elle avait du sang indien [Je sais, je sais, aujourd’hui, on ne dit plus « indien », mais « amérindien ». Correct, là? Je vous parle d’un temps…], je sais pas trop. On a toujours pensé qu’elle avait de l’Indien dans le nez, mais sans avoir de preuves. C’était pas rare, en Abitibi. Et puis elle était grillée à longueur d’année : le teint bistre, basané, et ce, sans jamais s’exposer au soleil. C’est peut-être pour ça, finalement, qu’on pensait qu’elle était Indienne.

Des fois, on allait visiter mes tantes et mes oncles le dimanche — en fait, on faisait juste changer de rang. Quand on arrivait cheuz eux (prononcé che-zeux), c’est-à-dire chez mon oncle Gérard, dans le rang « familial » des St–Pierre, si on veut — le rang du bord de la rivière Bell (je pense, ou était-ce Nottaway?) où maman a grandi, et où trois de mes oncles avaient construit leur maison —, on était toujours accueillis chaleureusement par ma tante, souvent la cigarette au bec.

Elle nous invitait à nous asseoir, nous demandait dans un nuage de fumée si on voulait prendre quelque chose, puis allait s’installer derrière SON comptoir. Là, tout en jasant et en prenant des nouvelles du monde, elle s’en allumait une autre, de cigarette. Et puis une autre, et une autre encore. Elle fumait comme un engin.

papier-a-rouler-le-tabac-zig-zag; ma tante Tabac-Croche s'en servait pour rouler ses cigarettes.Elle roulait ses cigarettes avec une rouleuse à cigarettes et du papier Zig-Zag. Elle s’en roulait d’avance une bonne quantité, mais des fois en manquait, et s’en roulait devant nous à la main. Alors c’est comme ça qu’un de mes frères a commencé à l’appeler ma tante Tabac-Croche. À cause du papier Zig-Zag. C’était plutôt sympa. Et ce surnom lui est resté. Son vrai nom, c’était ma tante Marcelle.

Bonne Journée internationale de la femme

À toutes les femmes de la Terre
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À celles du Nord
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Comme à celles du Sud
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Aux plantureuses
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Comme aux maigrichonnes. Aux voyageuses
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Comme à celles qui vivent encore au village et sont encore trop jeunes pour partir
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Ou encore à celles qui partent dans leur tête ou aux petites que le rêve habite toujours
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Aux femmes qui ont largué les amarres
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À celles qui vivent en ville
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Ou encore à la campagne
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À toutes les femmes, quelles qu’elles soient, où qu’elles soient, bon 8 mars.

Œuvres du mois⎮Mars 2015

Deux pour le prix d’une, ce mois-ci, pour que le printemps vienne plus vite!
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Dominique Fortier
Tout doux⎮Crocus⎮Light and Soft
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Québec

 

 

 

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Dominique Fortier
C’est le printemps⎮Crocus⎮Springtime
Photographie numérique
Québec

 

 

 

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Album de mes œuvres en vente chez FineArtAmerica
Ces œuvres font des cartes de souhait magnifiques.
Les photos et aquarelles sont toutes des œuvres originales réalisées par moi-même. Aucune n’a été copiée ni tirée d’aucun site de vente de photos ou fichiers électroniques.
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