Mars, froidure et tout le tintouin

Art Prints

Dominique Fortier
Jeu de glace II / Ice Puzzle II
Peinture à l’huile numérique sur photographie
Québec

Nous voilà en mars. La froidure nous tient encore dans ses griffes et la neige nous tombe dessus. On a beau essayer de l’ignorer, le temps qu’il fait ne cesse de défrayer la manchette : tempête hier (vols annulés et tout et tout), tempête demain, froid intense aujourd’hui, inondation à Beauceville la semaine dernière et embâcle appréhendé dans les jours à venir. Bref, la météo fait des siennes et met du sable dans l’engrenage du quotidien qu’on voudrait pépère.

Voici quelques dictons météorologiques qui courent dans les campagnes à propos du mois de mars :

dictons-de-mars-2016-02-29Ce n’est pas d’hier que les agriculteurs et les gens en région font des prévisions météo.

À bâtons rompus, en passant, ou pensées du jour

Dis à ton ami un mensonge et s’il en garde le secret, alors dis-lui la vérité.

Quand le soleil se lève, il se lève pour tous.

Qui n’a rien ne craint rien.

 

La roue qui tourne… dans le beurre

Art Prints

Dominique Fortier
Engrenage de glace / Iced Gear
Photographie
Québec

C’est une journée de même : tempête de neige. On ne voit ni ciel ni terre à Québec. La neige recouvre la glace qui s’est formée sur la chaussée. C’est l’heure de pointe et tout le monde shire ou spinne ou patine ou fait du sur place, c’est selon, tout en sacrant, ben évidemment! comme dirait Victor-Lévy. Je les entends d’ici. L’enfer blanc, quoi, pour les personnes qui doivent sortir. Vision idyllique, quoi, pour celles qui regardent ça pelotonnées dans leur fauteuil, à travers leurs grandes fenêtres donnant sur le balcon (alias la baie window = aaaonnn le bel anglicisme que voici [= bay window in English, madame]) ou leur porte-fenêtre (alias la porte patio = aaaonnn le bel anglicisme que voilà [= patio door in English, monsieur]).

Note : La photo a été prise sur une sculpture de glace à l’extérieur d’un bar sur la rue Grande Allée, à Québec.

Awignahan-han, c’est l’temps du jour de l’An

Sell Art Online
Dominique Fortier
Dans nos vieilles maisons / In Our Old Houses, 2013
Aquarelle sur papier à grain fin
18 x 13 cm (7 x 5 po)
Québec

Awignahan-han, c’est l’temps du jour de l’An.
Dans nos vieilles maisons, ça s’passait d’même.
Ça s’passait d’même dans nos vieilles maisons.

Pour cette nouvelle année 2016, je vous offre une chanson dont Oscar Thiffault a composé les paroles et la musique en 1954, Le rapide Blanc, et dont artv a capté une prestation.

Cette chanson en est plutôt une de chantiers que du jour de l’An, mais elle va bien au jour de l’An à cause du awignahan-han et du violon, et aussi parce que c’est une chanson à répondre. Dans les rencontres du temps des Fêtes, les gens chantaient ensemble. C’était leur manière de lâcher leur fou tout en prenant un p’tit coup. Pour un instant, la vie paraissait moins dure.

Puis chez nous, comme papa était chantre à l’église, il aimait beaucoup tout ce répertoire de chansons canadiennes qui jouaient à la radio dans le temps des Fêtes. Et après, j’en ai déjà parlé, bien après qu’on a eu été grands, il a toujours continué à écouter La soirée canadienne… jusqu’à ce que l’émission cesse d’être diffusée.

Les paroles suivent la vidéo :

Le violon à la ligne Ahhhh, je voudrais madame, à partir du deuxième couplet, me rend malade de bonheur, si ça se peut, être malade de bonheur. Et puis léviter aussi, dans la même logique… Ça te vous a un petit fond de cajin, ça, monsieur!

Le rapide Blanc
Paroles et musique : Oscar Thiffault, 1954

Y va frapper à la porte awignahan-han, awignahan-han
La bonne femme y’a demandé
Ce qu’il voulait-ait, ce qu’il souhaitait-ait
Ahhhh, je voudrais madame
J’voudrais bien entrer

Ah ben! à dit : entrez donc ben hardiment
Mon mari est au rapide Blanc
Y a des hommes de rien qui rentrent pis qui rentrent
Y a des hommes de rien qui rentrent pis ça m’fait rien
Y a des hommes de rien qui rentrent pis qui rentrent
Y a des hommes de rien qui rentrent pis ça m’fait rien

Après qu’il a eu entré awignahan-han, awignahan-han
La bonne femme y’a demandé
Ce qu’il voulait-ait, ce qu’il souhaitait-ait
Ahhhh, je voudrais madame
J’voudrais bien m’chauffer

Ah ben! à dit : chauffe-toé donc ben hardiment
Mon mari est au rapide Blanc
Y a des hommes de rien qui s’chauffent pis qui s’chauffent
Y a des hommes de rien qui s’chauffent pis ça m’fait rien
Y a des hommes de rien qui s’chauffent pis qui s’chauffent
Y a des hommes de rien qui s’chauffent pis ça m’fait rien

Après qu’il s’est eu chauffé awignahan-han, awignahan-han
La bonne femme y’a demandé
Ce qu’il voulait-ait, ce qu’il souhaitait-ait
Ahhhh, je voudrais madame
J’voudrais bien m’coucher

Ah ben! à dit : couche-toé donc ben hardiment
Mon mari est au rapide Blanc
Y a des hommes de rien qui s’couchent pis qui couchent
Y a des hommes de rien qui s’couchent pis ça m’fait rien
Y a des hommes de rien qui s’couchent pis qui couchent
Y a des hommes de rien qui s’couchent pis ça m’fait rien

Après qu’il s’est eu couché awignahan-han, awignahan-han
La bonne femme y’a demandé
Ce qu’il voulait-ait, ce qu’il souhaitait-ait
Ahhhh, je voudrais madame
J’voudrais bien vous embrasser

Ah ben! à dit : embrasse-moé donc ben hardiment
Mon mari est au rapide Blanc
Y a des hommes de rien qui m’embrassent, qui m’embrassent
Y a des hommes de rien qui m’embrassent pis ça m’fait rien
Y a des hommes de rien qui m’embrassent, qui m’embrassent
Y a des hommes de rien qui m’embrassent pis ça m’fait rien

Après qu’il l’a eu embrassée awignahan-han, awignahan-han
La bonne femme y’a demandé
Ce qu’il voulait-ait, ce qu’il souhaitait-ait
Ahhhh, je voudrais madame
J’voudrais bien m’en aller

Ah ben! à dit : sacre ton camp ben hardiment
Mon mari est au rapide Blanc
Y a des hommes de rien qui s’en vont pis qui s’en vont
Y a des hommes de rien qui s’en vont pis qui font rien
Y a des hommes de rien qui s’en vont pis qui s’en vont
Y a des hommes de rien qui s’en vont pis qui m’font rien

Et puis je n’ai pas pu résister. C’est trop beau. Pour celles et ceux qui voudraient chanter sans boire, ou boire en chantant, voici une interprétation à l’accordéon tout simplement irrésistible.

Bonne année grands nez… Je vous en souhaite une bonne et heureuse! La santé et le paradis à la fin de vos jours… mais mourez pas c’t’année, o.k.?