Bonne année 2017

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L’œuvre Le commencement de ce monde symbolise ici la révolution de 2016 sur 2017. C’est le commencement de l’année, comme le cône symbolise le commencement d’une autre vie, le perpétuel recommencement. Je vous souhaite donc une année remplie de belles choses douces comme la neige folle fraîchement tombée sur cette branche de conifère.


Badaboum, on est tombé en 2017. Avez-vous mal au bloc? Y’en a qui tombent mieux que d’autres. L’habitude, ça doit! Pis y’en a qui se couchent de bonne heure pareil, Jour de l’an pas Jour de l’an. Les traditions se perdent, en tout cas dans mon coin. Pis je m’ennuie pas des « mononcles » qui ont rien qu’envie de donner des gros becs mouillés dégoûtants. Ouache! caca. Pis y’en a qui sont tout seuls pis qu’y attendent rien que la vie normale reprenne… C’est à ces personnes que je propose les chansons suivantes. C’est pas fatiguant d’écouter de la musique. Et ça rappellera des souvenirs aux plus vieux.

Toutes les chansons que vous allez entendre proviennent de la page suivante du Gramophone virtuel (à propos du Gramophone virtuel).

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Le joueur de violon (Bolduc, Mme Édouard (La Bolduc); Levert, Médart; Lachine, 1930)

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Le Jour de l’an (Bolduc, Mme Édouard, 1894-1941; Lachine, 1931)

 

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Le Jour de l’an = New Year’s Day (Gauthier, Conrad, 1885-1964; Montréal, 1929)

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Les joyeuses Québecoises : reel (Bouchard, Jos, 1905-1979, et Malouin, Fortunat, 1870-1935; Montréal, 1938)

J’ai choisi la prochaine chanson parce qu’elle me rappelle une anecdote de mon enfance en Abitibi. Papa était cultivateur. Une fois, on s’est fait arrêter par la police (je ne sais plus pour quelle raison), et le policier a demandé ses papiers à papa. En les consultant, il a fait la remarque suivante : « Vous êtes un habitant avec un n? ». Ben oui, la police, on était des habitants avec des z! Comme dirait l’autre, les colons sont pas tous sur les terres. J’en ris encore quand j’y repense.

Et puis sortez vos vieux dictionnaires, parce que vous allez entendre des mots là-dedans que moi-même, qui suis pourtant une descendante de « nabitant » qui s’intéresse aux mots des « zabitants » du Québec rural ancien, je n’ai jamais entendus. Aussi, fait intéressant à noter, les deux versions de la même chanson diffèrent légèrement, ce qui est assez courant lorsqu’il est question de tradition orale. C’est ce qui en fait le charme. C’est sur l’air de Marianne s’en va-t-au moulin.

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J’suis c’qu’on appelle un habitant (Gauthier, Conrad, 1885-1964; Montréal, 1928)

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J’suis c’qu’on appelle un habitant (Daignault, Eugène, 1895-1960; Montréal, 1928)

Enfin, je ne peux pas terminer sans vous présenter la merveilleuse œuvre d’Edmond-Joseph Massicotte intitulée La bénédiction paternelle. C’était un moment si émouvant, chez nous, le premier de l’an au matin, que cela me faisait brailler chaque fois :

Tiré de la collection [graphic material] (R13541-0-7-E), dans le Gramophone virtuel.

Sur ce, bonne année tout le monde! Que 2017 vous soit meilleure que 2016!

Le cordage du bois

Chez nous, en Abitibi, on a chauffé longtemps au bois. Le poêle à bois trônait dans la cuisine, et la fournaise, en cave, chauffait toute la maison. Malgré la fournaise chauffée à blanc ­– j’ai vu maman plusieurs fois descendre les premières marches menant à la cave et lancer un chaudron d’eau sur la poutre rougie, au-dessus de la fournaise, en train de prendre en feu –, la chaleur avait quand même de la misère à se rendre aux confins des chambres en haut par les tuyaux, de sorte qu’en hiver, on y gelait comme des rats. Disons qu’on ne se promenait pas en petites culottes dans la maison. On s’habillait au saut du lit, et on couchait sous des tonnes de couvertures tissées par maman qui nous écrasaient littéralement tant elles étaient lourdes, mais qui nous permettaient de dormir comme des loirs. On dormait vachement bien dans la glacière en haut. Ça conserve sa femme et ça permet de garder, veux veux pas, la tête froide! Il y avait une grosse chaufferette électrique orange-rouge carrée, en bas, mais comme cela coûtait les yeux de la tête à utiliser, papa ne la sortait qu’en cas de froid intolérable et l’installait dans le bord de la cuisine, et il la fermait toujours avant d’aller se coucher.

Je vous l’ai déjà dit, je pense, que le cordage du bois et moi, ça faisait deux? Ah! que j’haïssais ça! Pour m’en confesser. Mais j’avais pas le choix : comme Maria « germainait » d’aplomb, on passait par là, et ça se négociait pas.

Le cordage du bois, ça se faisait à l’automne, en octobre-novembre, si ma mémoire est bonne (peut-être même dès septembre, je sais plus trop). Il faisait vraiment froid, très froid, « frette » en fait. Frette frette frette frette. On se gelait les doigts… brrrrrrr! Les inutiles, c’est-à-dire les plus jeunes, celles et ceux qui n’avaient pas de train ou d’autres tâches à faire, étaient réquisitionnés pour aller corder du bois, après l’école, après la collation et les devoirs (ou peut-être même avant les devoirs) et s’être déchangés, mais avant souper en tout cas. Et comme c’était tard à l’automne, il ne faisait pas seulement frette, mais il faisait noir aussi.

Dans un premier temps, on cordait dans la cave. L’une ou l’un d’entre nous, placé à l’extérieur, apportait des brassées de bois et lançait les morceaux l’un après l’autre dans la cave par la petite fenêtre qui donnait sur le haut du solage. L’autre (ou les autres) prenait le bois sur le tas empilé pêle-mêle — en faisant attention de ne pas recevoir un morceau de bois sur les mains ou ailleurs — et allait le corder dans son coin. Qu’on se trouve à l’extérieur ou à l’intérieur, on gelait; on devait s’habiller chaudement pour corder le bois, même dans la cave, car c’était très humide.

corde-de-bois-sous-appentis_shed-590x393-dominique-fortier; graphisme par Dominique Fortier; cordage du bois, terminologie du cordage du bois, mots, shed, cage, cage de bout de corde, cordage du bois de chauffage dans la shed tous les automnes; langue utilisée en Abitibi vers les années 1960Dans un second temps, on cordait dans la shed. On allumait la lumière de cour, qui était assez loin du gros tas de bois à corder, et on cordait à la lumière jaunasse qui pendait au bout d’un fil électrique, dans la remise. Frette, noir, déprimant, ouache! Et souvent, comme il avait neigé sur le bois, il fallait secouer les morceaux un peu pour en enlever la neige, ou enlever la neige avec nos mitaines avant de prendre notre brassée pour l’apporter dans la shed, endroit humide par excellence. Pas bon pour les rhumatismes, ça, même petits. Ainsi ramassait-on les morceaux un par un pour les empiler en brassée sur notre bras, en équilibre. On transportait celle-ci à l’intérieur et on cordait du mieux qu’on pouvait les morceaux un à un, en plaçant de la croûte dans les interstices, au besoin, pour égaliser la corde. Il me semble qu’on utilisait la croûte aussi, à l’occasion, pour égaliser la cage au bout de la cordée. [On faisait une cage au bout d’une corde lorsqu’il n’y avait pas de mur ou de charpente assez solide pour retenir le poids de tout le bois cordé.]

On partait une cordée sur des bouts de bois placés au sol (pour y déposer, perpendiculairement, les morceaux de bois d’environ 1,5 pi [45,75 cm], je dirais), disposés parallèlement au mur, afin de la monter la plus droite possible. Autrement, à mesure que la corde montait, ça risquait de nous débouler sur la caboche (des fois, ça arrivait pareil, mais jamais pour nous écraser en dessous — on se poussait avant). Et puis aussi, de temps en temps, on redressait la corde en poussant dessus pour la diriger vers le mur ou la rapprocher de la corde précédente (on faisait plusieurs cordes, une en avant de l’autre, de manière à remplir toute la remise avec le bois de chauffage).

Et je ne peux me souvenir d’où cela provient, mais au cordage du bois dans la shed, j’associe le mot « arcanson ». Fouillez-moi pourquoi… mais il y avait de l’arcanson dans cette remise. Je sais pas à quoi cela servait, mais on en trouvait des morceaux déposés sur les traverses de l’armature en bois de l’appentis. Mystère et boule de gomme…

Couleurs d’automne

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Dominique Fortier
Symphonie automnale en arbre majeur
et arbre mineur
, 2015
Photographie
Québec

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Dominique Fortier
Bouquet de feuilles /
Bunch of Leaves
, 2016
Photographie
Québec

Les sanglots longs des violons de l’automne… On se paye la traite, o.k.? On commence avec Brassens.

On continue avec Trenet.

Pis là, Ferré.

Vous aimez ça, hein? D’abord, je vous mets Hugues Aufray.

Ahhhhh! Et une version magnifique que voici. Extrêment émouvant, cette voix!

Partez pas, c’est pas encore fini. Le poème, ce coup-là. Ohhhhh! c’est beau!

 

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Dominique Fortier
Autumn Symphony in Major Tree
and Minor Tree
, 2015
Photographie
Québec