La rentrée scolaire

Sell Art OnlineDominique Fortier
Monsieur le professeur / Mr. Teacher, 2016
Aquarelle sur papier à grain fin
13 x 18 cm (5 x 7 po)
Québec

Première année, premier bonheur.
Nouvelle année, nouveau bonheur.

Première année, premier malheur.
Nouvelle année, nouveau malheur.

Aller à l’école change une vie.

Dans le premier cas, le plaisir coule de source et se renouvellera.
Dans le second, c’est moins clair. Serait-ce cela, alors, l’école de la vie?

 

La grand’Bartine

Son vrai nom, c’était Albertine. Albertine Dubreuil, si je me souviens bien. C’était une grande et grosse femme blonde, qui semblait venue directement des pays scandinaves : une walkyrie.

La grand’Bartine était la chanteuse soliste dans le chœur de chant de l’église du village, où mon père chantait également.

village-eglise-bonhomme-de-neige_church-snowman. 2012-A13-aquarelle_watercolour, watercolour, nordic village; village nordique; clôture en perches; clôture de perches; clôture de bois; maisons; houses; artist: Dominique Fortier, Quebec, PhotoDominiqueFortier; signed artwork; oeuvre signée; on paper; sur papierElle avait une voix, mes amis, une voix! d’or, de velours, de chanteuse d’opéra, riche, onctueuse et puissante avec ça.

À la messe de minuit, quand elle entonnait le Minuit, chrétiens (paroles), on aurait pu entendre voler une mouche. Sortant de sa plantureuse poitrine, sa voix, cette voix — comme l’a chanté Gerry Boulet —, s’élevait du jubé pour emplir l’espace de sa sonorité céleste et redescendre nous envelopper de beauté. Elle nous glissait dans les oreilles, ronde, chaude, veloutée, somptueuse, voluptueuse, comme une écharpe de soie glisse délicatement d’une épaule de femme. Les poils nous en levaient sur la peau.

La grand’Bartine ne l’a peut-être jamais réalisé, mais elle nous offrait là un cadeau inestimable : un instant de pur bonheur, intemporel, qui confine au sublime, de félicité païenne parfaite (la jouissance par l’oreille) dans une Église catholique par ailleurs si oppressante.

Je ne sais pas pour les autres, mais en ce qui me concerne, c’était une messe que je ne voulais pas manquer. J’y assistais pour me régaler des chants de Noël de la chorale et pour entendre la grand’Bartine pousser son Minuit, chrétiens.

Si la grand’Bartine avait été un homme, elle aurait été Richard Verreau. Même texture de velours dans la voix. Je ne crois pas qu’il existe d’enregistrement de la grand’Bartine (trop loin et trop creux, le village; trop loins l’époque et les moyens techniques). Mais on peut encore se faire plaisir en écoutant le Grand Richard Verreau.

Par Richard Verreau l’Unique Continuer la lecture de La grand’Bartine