Typographie et ponctuation

L’ESPACE FINE INSÉCABLE DANS LES DOCUMENTS HTML

Typographie et ponctuation (Dominique Fortier)Nous l’avons vu dans l’article précédent, dans les documents imprimés, et avec l’aide de logiciels de mise en pages professionnels, il est possible d’insérer une espace fine insécable devant le point-virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation.

Dans les documents HTML, l’exemple le plus connu d’espace insécable est l’élément «   ». Celle-ci a les mêmes propriétés que l’espace régulière complète, avec l’avantage de garder sur une même ligne les caractères se trouvant de chaque côté. Pour l’espace fine, l’élément «   » fonctionne sous la plupart des fureteurs récents. Mais l’élément «   » est sécable, ce qui veut dire qu’en fin de ligne, les caractères suivants seront poussés à la ligne suivante (ce que personne ne désire voir).

S’il y a bien une espace difficile à reproduire sur Internet, c’est l’espace fine insécable. Celle-ci n’est tout simplement pas définie dans la norme Unicode. Alors plusieurs optent pour l’utilisation de l’espace insécable ordinaire «   », ce qui n’est pas la bonne solution.

Heureusement, Unicode définit le « NARROW NO-BREAK SPACE », qui se rend par l’élément numérique «   ». Cette espace étroite est insécable et peut être utilisée à la perfection comme espace fine insécable dans tout document HTML.

Par conséquent, en typographie soignée, on prendra soin d’utiliser l’élément «   » comme espace fine insécable si l’on veut à tout prix insérer cette espace devant le point-virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation.

Mais il faut surtout garder à l’esprit qu’à défaut de pouvoir utiliser l’espace fine insécable (parce que trop compliquée à obtenir), lorsque l’on révise des textes pour le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada, il vaut mieux s’en tenir aux Tableaux des espacements des ouvrages de référence de ces deux ordres de gouvernement qui recommandent de ne jamais mettre d’espace devant le point-virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation, et d’insérer une espace insécable ordinaire devant le deux-points.

Alors pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

Source : Le présent article est fortement inspiré du site Typographe futé : trucs et astuces pour la typographie imprimée et sur la Toile.

Typographie et correction

Comment composer avec l’espace fine dans les traitements de texte : typographie et correction

Comment composer avec l’espace fine dans les traitements de texte :
typographie et correction

espace-insecable-et-espace-fine
Regardez bien l’espacement devant le point d’interrogation.

L’espace fine, c’est une espace (le mot est féminin lorsqu’on parle typographie) d’un quart de cadratin (soit 25 % de la police de caractères choisie — par exemple, pour une police de caractères de 12 points, l’espace fine doit être de 3 points) qui est toujours insécable. On la place, en typographie soignée (par exemple dans une publication imprimée dans une maison d’édition ou par le biais des services d’édition ou de communication des gouvernements fédéral ou provincial), devant le point-virgule, le point d’exclamation et le point d’interrogation ainsi que quelques autres éléments de ponctuation.

Les personnes qui rédigent des textes les écrivent la plupart du temps en Word. Et parce que ce traitement de texte ne peut pas faire l’espace fine, certaines personnes se sont mises (à l’instar des Français, qui utilisent depuis longtemps l’espace fine devant ces signes de ponctuation) à utiliser une espace complète (cadratin) insécable à la place de l’espace fine (un quart de cadratin). Mais ce n’est pas une bonne idée, car les espaces insécables ne remplacent en aucun cas les espaces fines, elles allongent inutilement les textes et obligent à corriger ces « erreurs » de typographie après coup.

L’Office québécois de la langue française (OQLF) recommande de ne mettre aucun espacement devant le point-virgule, le point d’exclamation et le point d’interrogation dans le cas où le traitement de texte ne peut pas faire l’espace fine insécable (à l’heure actuelle, il n’y en a aucun qui la fasse correctement et rapidement [le Ramat de la typographie donne une « recette » pour programmer l’espace fine en Word, mais rien que de la lire vous donne envie de changer de métier]).

Toute personne qui travaille en rédaction, en révision ou en traduction de textes devrait s’en tenir à cette règle très simple par souci d’uniformité et pour s’éviter bien des tracas lorsque les textes doivent être imprimés ou publiés à partir de Word. Et ce, jusqu’à ce que les informaticiens nous mitonnent une espace fine insécable facilement réalisable pour Word et autres traitements de texte…

Il est préférable, lorsqu’on veut un texte où les espaces fines insécables soient placées devant les signes de ponctuation qui nous intéressent, d’accompagner son texte d’une note générale à l’intention des graphistes/spécialistes de la mise en pages à ce sujet plutôt que d’insérer soi-même des espaces insécables. En effet, ces personnes possèdent les bons outils/logiciels pour insérer correctement les espaces fines insécables dans les textes et sont ainsi à même de maintenir la tradition propre à la norme établie en typographie soignée…

Comme on dit, chacun son métier et les vaches seront bien gardées!

Pour en savoir plus sur ce que recommande l’OQLF au sujet de l’espacement avant et après les principaux signes de ponctuation et autres signes ou symboles.