Inextricable

Photography PrintsDominique Fortier
Inextricable, 2016
Photographie rehaussée d’effets numériques
Québec


Définition du Larousse en ligne (www.larousse.fr/dictionnaires/francais/inextricable) :

inextricable

adjectif

(latin inextricabilis, de extricare, démêler)

  • Qui ne peut être démêlé ; dont on ne peut reconnaître les éléments : Fouillis inextricable.
  • Embrouillé, complexe, qu’il est difficile de clarifier : Problème inextricable.

Autre définition, tirée cette fois d’Antidote (Antidote 9, v 3) :

inextricable, adjectif

Que l’on ne peut démêler. Un enchevêtrement inextricable. Un mystère complexe inextricable.
Dont on ne peut se retirer. Un maquis inextricable. Une situation, un gâchis inextricable.

Quand j’ai pris cette photo, ça m’a amenée à penser que c’est pas facile à démêler, le tien du mien, quand ça fait longtemps qu’on vit avec quelqu’un.

 

 

La grand’Bartine

Son vrai nom, c’était Albertine. Albertine Dubreuil, si je me souviens bien. C’était une grande et grosse femme blonde, qui semblait venue directement des pays scandinaves : une walkyrie.

La grand’Bartine était la chanteuse soliste dans le chœur de chant de l’église du village, où mon père chantait également.

village-eglise-bonhomme-de-neige_church-snowman. 2012-A13-aquarelle_watercolour, watercolour, nordic village; village nordique; clôture en perches; clôture de perches; clôture de bois; maisons; houses; artist: Dominique Fortier, Quebec, PhotoDominiqueFortier; signed artwork; oeuvre signée; on paper; sur papierElle avait une voix, mes amis, une voix! d’or, de velours, de chanteuse d’opéra, riche, onctueuse et puissante avec ça.

À la messe de minuit, quand elle entonnait le Minuit, chrétiens (paroles), on aurait pu entendre voler une mouche. Sortant de sa plantureuse poitrine, sa voix, cette voix — comme l’a chanté Gerry Boulet —, s’élevait du jubé pour emplir l’espace de sa sonorité céleste et redescendre nous envelopper de beauté. Elle nous glissait dans les oreilles, ronde, chaude, veloutée, somptueuse, voluptueuse, comme une écharpe de soie glisse délicatement d’une épaule de femme. Les poils nous en levaient sur la peau.

La grand’Bartine ne l’a peut-être jamais réalisé, mais elle nous offrait là un cadeau inestimable : un instant de pur bonheur, intemporel, qui confine au sublime, de félicité païenne parfaite (la jouissance par l’oreille) dans une Église catholique par ailleurs si oppressante.

Je ne sais pas pour les autres, mais en ce qui me concerne, c’était une messe que je ne voulais pas manquer. J’y assistais pour me régaler des chants de Noël de la chorale et pour entendre la grand’Bartine pousser son Minuit, chrétiens.

Si la grand’Bartine avait été un homme, elle aurait été Richard Verreau. Même texture de velours dans la voix. Je ne crois pas qu’il existe d’enregistrement de la grand’Bartine (trop loin et trop creux, le village; trop loins l’époque et les moyens techniques). Mais on peut encore se faire plaisir en écoutant le Grand Richard Verreau.

Par Richard Verreau l’Unique Continuer la lecture de La grand’Bartine