Déguimpes = Mon mot mystère

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Si tu ramasses pas tes déguimpes, la citrouille va te manger, ma p’tite torrieuse!

Méchante citrouille menaçante
Photographie
Québec (Québec)

(Mis à jour le 10 juillet 2016)

Déguimpes, n. f. pl.
Prononciation : dé-guim-pes
Étymologie populaire : du fin fond de mon enfance
Étymologie : Je ne l’ai trouvé nulle part. Vient peut-être de « guimpe », le Québec étant si religieux lorsque j’étais jeune!
Signification : vêtements, tout ce qui traîne et encombre une place; généralement en tissu
Synonymes : 🎭 guenilles 🎭 choses 🎭 cossins 🎭 cochonneries

Croyez-le ou non, je n’ai trouvé ce mot nulle part dans les dictionnaires (anciens ou modernes ou québécois). Ça me surprend; ce serait donc quelque chose de strictement familial? On dirait bien. Mais ça m’étonne. Très rares sont les mots utilisés chez nous qui ne trouvaient pas leur origine dans le français ou l’anglais (par ignorance, nous ne savions pas que les mots que nous disions provenaient de l’anglais — je vous parlerai un jour des « clossepines » à maman).

Par exemple, on disait : « Ramasse tes déguimpes (féminin pluriel) » en parlant de vêtements qui traînaient ça et là, le plus souvent sur le plancher, dans une chambre, ou encore de choses petites ou grosses qui encombraient une pièce où l’on était assigné à faire le ménage. C’était péjoratif, on levait un peu le nez sur ces articles qui ne nous appartenaient pas et que l’on ne voulait surtout pas ramasser et aller ranger à la place de la ou du propriétaire.

Appel à toutes et à tous

Si vous connaissez ce mot, que vous l’avez déjà entendu et dit, faites-le-moi savoir. J’aimerais vraiment savoir d’où il vient. ;-))

La p’tite hart

Hart, n. f. : fine branche dégarnie de ses feuilles et employée comme fouet.
https://i2.wp.com/openclipart.org/image/300px/svg_to_png/17424/xeolhades_mouth.png?resize=26%2C19 [prononcé « la p’ti-te hâr » avec un h bien aspiré
et sans le t final]

 Type de branches d'arbuste qui pourrait servir à fabriquer une petite hart devant servir de fouet. Hart rouge/Cornus stolonifera

Quand maman nous menaçait de la p’tite hart, on se poussait. C’est qu’elle était rendue à bout de nerfs et d’arguments, qui consistaient en général à des heures et des heures d’exaspération et d’avertissements de nous tenir tranquilles.

Sa patience, telle une carpette sur laquelle tout le monde s’essuyait les pieds ces jours-là ― des journées erratiques où tout avait commencé généralement par l’annonce, assez tôt le matin, d’une « tempête de marde » (décoder que la journée commençait ben mal et allait être longue et tumultueuse, comme lorsque les animaux sentent la tempête) ―, était usée à la corde. Elle avait atteint ses limites. Elle sortait de ses gonds et allait chercher sa p’tite hart. Aille! ouille ouille ouille! On s’écartait de son chemin. Là, on venait de comprendre.

Voici quelques définitions de ce petit mot frappant, tirées de vieux dictionnaires :
Définition du mot « hart » tirée du « Dictionnaire des canadianismes : nouvelle édition revue et augmentée », de Gaston Dulong, Sillery, Les éditions du Septentrion, 1999.
Définition du mot « hart » tirée du « Glossaire du parler français au Canada », par La société du parler français au Canada, Presses de l'université Laval, Québec, 1968. Réimpression de l'édition publiée en 1930 par l'Action Sociale ltée à Québec.
Définition du mot « hart » tirée du « Dictionnaire général de la langue française au Canada , de Louis-Alexandre Bélisle, Québec, Belisle Éditeur, 1957.
et son étymologie :
Étymologie du mot « hart » tirée du « Dictionnaire étymologique de la langue française » d'Oscar Bloch et Walther von Wartburg, 1re édition « quadrige : 2002 », PUF, 1932.

La p’tite hart constituait l’argument ultime avant le recours à « popa » et à sa main aussi raide et cinglante, sinon plus, qu’une branche de bois. Ces jours-là, personne ne souhaitait se rendre à cette dernière étape, et celles et ceux qui l’ont franchie s’en souviennent encore. Mais pas moi, car j’étais vraiment « pissoune » et je m’arrêtais avant.