L’amour des mots et des dicos

J’aime les mots. Depuis toujours. J’aime aussi les dicos depuis longtemps. Étudiante, j’en achetais dans les librairies qui vendaient des livres usagés parce que je n’avais pas les moyens de m’en acheter des neufs. Aussi, l’une des premières choses que j’ai faites lorsque j’ai gagné un salaire décent, ç’a été de m’acheter le Grand Larousse universel en 15 volumes. Chus pas une troud’cute! Plus tard, ç’a été Le Grand Robert de la langue française en 6 volumes. Voilà pour les dicos de référence de la grande langue, l’écrite, la littéraire, l’officielle, celle qu’il faut maîtriser pour ne pas avoir l’air trop troud’cute.

Mais je viens de la terre et j’ai toujours adoré la langue parlée rurale, constituée, pour beaucoup, de vieux mots. Celle de mes parents d’abord. De ma mère Maria, verbo-motrice illettrée colorée née dans un village de 10 personnes environ [une farce, mais quand même, une très petite place] littéralement assise sur la frontière américaine — en effet, certaines maisons ouvraient d’un côté au Québec et de l’autre aux États — d’un père maquignon un peu crapaud et d’une mère un peu germanique-tête-de-cochon qui s’appelait Laistre (certains de cette branche écrivent aujourd’hui leur nom Lettre). Son français s’émaillait de mots anglais… et elle l’ignorait. Par exemple, une fois arrivée en Abitibi, elle a utilisé le mot clothespin [prononcer « clôtse-pine »] pour « épingle à linge ». Elle a fait terriblement rire d’elle et a ainsi pris conscience de sa « différence » linguistique. Elle s’est appliquée par la suite à dire les mots en français.

Puis ensuite de mon père, le sage Raymond, silencieux parmi les silencieux, doux (sauf quand ma mère l’envoyait corriger celle ou celui qui avait fait quelque chose de croche), réservé, constant, travaillant, ultra religieux et conservateur, BCBG et instruit pour l’époque, en campagne, parce que né d’une mère provenant d’une lignée de maîtresses d’école (et elle-même institutrice) et de pépére Fortier, un doux Beauceron qui est monté en Abitibi pour établir ses trois fils, dont Raymond et son jumeau Gérard. Une très petite famille pour l’époque au Québec (années 1900‑1910). Le peu que Raymond disait reflétait le monde ancien de sa Beauce natale rurale. Des beaux mots roulants et érudits parfois (il ne le savait pas) comme « vasistas », qu’il utilisait pour parler de la petite fenêtre qui perçait le solage de béton de la cave ou de la beurrerie. Surprenant!

Puis j’ai aimé aussi le langage des autres parlants français, de France d’abord, en lisant des livres d’auteurs français comme Gide ou Giono, qui célébraient la nature, la terre et la vie pastorale et où j’apprenais de nombreux mots du « terroir » de nos cousins (qu’on utilisait aussi parfois), ou de San Antonio le comique dont l’argot était dur à comprendre pour une petite Québécoise (à vrai dire, je restais souvent en plan devant des mots qui ne se trouvaient pas dans le Petit Larousse illustré). Zola, Balzac et Hugo, je les ai aimés pour leur éclairage sur les classes sociales, les mœurs et la société de leur temps, le langage cru des rough and tough. J’aimais. J’adore aussi la chanson, et j’ai beaucoup écouté Brassens et Renaud (moins, mais avec toujours autant de plaisir).

dictionnaire-de-l-argot-francais-et-de-ses-origines-2001-larousse-bordas-HER, 2001; Jean-Paul Colin, Jean-Pierre Mével, Christian Leclère; Dictionnaire de l'argot français et de ses origines

Et puis j’ai connu la langue des Cadjins [on a longtemps dit Cajuns, qui est en fait la version anglaise de Cadiens*, soit les Acadiens de la Louisiane] de la Louisiane en allant enseigner le français pour le compte du CODOFIL. J’ai donc passé une année à Lafayette, logée chez un cousin Fortier de papa qui avait marié une Acadienne dont la mère parlait à peine l’anglais et dont les ancêtres avaient été déportés d’Acadie en 1755. Ceux-là « naviguaient » (ils ont les bateaux et la mer dans le sang) plutôt que conduire, et à l’Halloween, les enfants évidaient des « giraumons » plutôt que des citrouilles. Un mot français (Antilles) qu’on ne connaît pas au Québec. Des mots de mer et de terre. Savoureux!

VALDMAN, Albert (sous la dir. de), Kevin J. ROTTET et autres. Dictionary of Louisiana French: As Spoken in Cajun, Creole, and American Indian Communities, Jackson, University Press of Mississippi, 2010, 892 pages. Comprend un index English-French Louisiana. Liste des collaborateurs (et autres) d’Albert VALDMAN, senior editor, et de Kevin J. ROTTET, associate editor : Barry Jean ANCELET, Richard GUIDRY, Thomas A. KLINGLER, Amanda LaFleur, Tamara LINDNER, Michael D. PICONE et Dominique RYON, assistant editors. dictionnaire de Cadjin, français de la Louisiane

À l’époque, les vieux français, les français régionaux ou de types différents du français normé étaient passablement méprisés et comptaient pour peu parce qu’ils reflétaient le français parlé, moins « correct » que le français écrit. Mais les choses ont changé : les régionaux ont retrouvé une fierté de parler leur langue, malgré son imperfection aux yeux de la norme. Ainsi, on trouve de plus en plus de dictionnaires qui rendent compte de la réalité des gens de différents groupes de parlants français (argot de France [photo ci-dessus], français québécois, français d’Acadie [photo ci-dessous] ou de la Louisiane [photo ci-dessus]). De belles langues, encore vivantes et toujours d’actualité.

dictionnaire-du-francais-acadien-fides-yves-cormier-1999

Avec le temps, j’ai acheté des dicos répertoriant plusieurs de ces langages on pourrait dire « underground ». Et lorsque je pense à un mot de mon enfance qu’on n’entend plus souvent, je vais voir dans les dicos de français classiques que je possède s’il s’y trouve. Des fois il y apparaît, souvent avec la mention « vieilli » ou « anglicisme » (à ne pas utiliser dans les textes officiels), et parfois il n’y est tout simplement pas répertorié.

Et c’est là que les dicos régionaux ou d’argot sont utiles, car on peut y trouver ce qu’on cherche. Ça permet de saisir toutes les subtilités d’un texte et, en plus, ça « déniaise ».

  • VALDMAN, Albert (sous la dir. de), Kevin J. ROTTET et autres. Dictionary of Louisiana French: As Spoken in Cajun, Creole, and American Indian Communities, Jackson, University Press of Mississippi, 2010, 892 pages. Comprend un index English-French Louisiana. Liste des collaborateurs (et autres) d’Albert VALDMAN, senior editor, et de Kevin J. ROTTET, associate editor : Barry Jean ANCELET, Richard GUIDRY, Thomas A. KLINGLER, Amanda LaFleur, Tamara LINDNER, Michael D. PICONE et Dominique RYON, assistant editors. [C’est pas de la crotte.]

Dans un autre ordre d’idée
Si mon petit côté artiste vous intéresse : Des œuvres à regarder ou à acheter. Faites-vous plaisir!

Dominique Fortier sur Fine Art America

Fine Art America est un site qui vend des œuvres d’art qu’il est possible de se procurer sur toutes sortes de produits (impressions papier, posters, tasses, t-shirts, couvre-lits, rideaux de douches, batteries portatives de cellulaires, coquilles pour cellulaires etc.). Les impressions papier commandées sont produites à Toronto, alors on n’a pas à se préoccuper des droits de douane, et les frais de transport sont moins coûteux.


 

 

 

En ce 8 mars 2018, pour la Journée internationale des femmes

À toi, à elle, à nous, à vous, à elles… Bonne journée! Et haut les cœurs!

Coeurs rouges et sable / Red and Sand Hearts = travail numérique sur photo = image au titre bilingue français-anglais,Art PrintsDominique Fortier
Coeurs rouges et sable / Red and Sand Hearts, 2015
Travail numérique sur photo
SPI
[Impression à Toronto de différents formats, supports et encadrements]


La commémoration de la Journée internationale des femmes

Au Conseil du statut de la femme du Québec

Chez Condition féminine Canada


Dans un autre ordre d’idée
Des œuvres à regarder ou à acheter. Faites-vous plaisir!


 

 

 

De mer et de bateaux en chansons

… suite de Rendez-vous 2017

De mer et de bateaux en chansons

Si les bateaux (Gilles Vigneault – paroles)

Marie Denise Pelletier

Nicole Croisille

Quand les bateaux s’en vont (Gilles Vigneault / Pierre Calvé – paroles)

Pierre Calvé

Quand les bateaux s’en vont par Pauline Julien

Pendant que (Gilles Vigneault- paroles)

Vigneault et Desjardins

Monique Leyrac

Rétrospective du chanteur marin marin chanteur voyageur nostalgique Pierre Calvé en perpétuelle partance.

La mer malgré soi, douleur : 1755 – Évangéline

Évangéline, par Marie-Jo Thério, cette voix, pour Claude Léveillée, en 2001

Marie-Jo, pour le 400e de Québec

Natasha St-Pier parce qu’elle aussi, c’est une méchante voix!

Les mots et les images en racontent aussi l’histoire

Mise en contexte de la Déportation

Très intéressant, quoique bourré de fautes de français. Essayez de passer par-dessus.

Lecture à l’avenant

Antonine Maillet. Pélagie-la-charrette, Montréal, Leméac, 1979, 314 p. Collection Les Cahiers Rouges.

Résumé

Pélagie-la-Charrette (1979), roman d’Antonine Maillet, raconte le voyage épique de la veuve Pélagie LeBlanc. À la fin des années 1770, Pélagie quitte le Sud de l’Amérique pour ramener son peuple acadien (voir Acadie) (déporté dans le Sud en 1755) à Grand Pré. Son voyage est une double odyssée : les « gens des charrettes » sont hantés par la charrette fantôme, la charrette de la mort associée à Bélonie, le vieux conteur d’histoires qui accompagne les pèlerins. Ils sont aussi hantés par le bateau fantôme, plus concret, une goélette anglaise prise par le bien-aimé de Pélagie, le capitaine Beausoleil-Broussard, lui aussi dévoué au rapatriement de son peuple.

« Pélagie-la-Charrette » incarne les forces de la vie et survit aux nombreuses générations de conteurs d’histoires querelleurs qu’elle inspire. En entremêlant le folklore et les légendes acadiennes, les emprunts à la Bible et aux classiques, à Rabelais et à d’autres sources, Maillet tire profit, avec humour et force poésie, des liens étroits qui unissent l’histoire, la tradition orale, l’imagination et la littérature. Ce roman est le premier ouvrage étranger à recevoir le prix Goncourt (en France). La traduction, de Philip Stratford, paraît en 1982. (http://encyclopediecanadienne.ca/fr/article/pelagie-la-charrette/)

Terra incognita – Cette œuvre devait s’appeler Une île, à l’origine, parce que je n’avais que la chanson de Serge Lama en tête en la regardant. Mais les choses ont évolué, car j’ai rajouté des éléments à l’original, et cela a abouti en un tryptique. Voici les titres des trois aquarelles : 1- Terra incognita; 2- Exploration; 3- Peuplement / Settlement.

Une île

Photography Prints

Serge Lama (1969)

Nana Mouskouri
En français

En anglais

Rions un peu : histoires de bateaux

J’étais sur mon bateau… (Rémy Girard)

Roger Goéland (Rémy Girard) aux (lundis des Ha ha). Pas ben bon, mais ben drôle.

Lecture à l’avenant

Jerome K. Jerome. Trois hommes dans un bateau (Sans oublier le chien!), Édition Ebooks libres et gratuits. Parution le 05/01/2006. (https://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php = des .epub impeccables, mieux faits que ce que l’on trouve sur Amazon et autres vendeurs de livres classiques).
Téléchargement gratuit dans ces divers formats
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Le rendez-vous… manqué

Claude Léveillée

La/Ma Pauline la chante aussi

Après ça, de deux choses l’une : ou vous mettez vos bottes de rubber et votre gilet barré bleu pis vous grimpez au nid de pie dans la cour en arrière pour voir le monde et l’horizon, ou vous vous trouvez de bons livres sur les voiliers.