Qu’est-ce qu’une réviseure ou un réviseur?

Définitions de l’Office québécois de la langue française

réviseur, n. m.
réviseure, n. f.

Personne chargée de corriger les erreurs orthotypographiques, syntaxiques, grammaticales et stylistiques d’un texte en vue d’en améliorer le contenu. Le travail de révision étant surtout perçu comme linguistique, par rapport à la révision de contenu qui fait aussi partie du travail de révision, on relève souvent la forme réviseur/réviseure linguistique.

Aussi
Personne chargée de vérifier une épreuve d’imprimerie pour s’assurer que les corrections marquées sur l’épreuve précédente par le correcteur d’épreuves ont bien été faites.

English Terms
copy editor
editor

Also
proofreader
reader
corrector

 

De la révision/correction de textes d’hier (papier) à aujourd’hui (numérique)

L’article What Do Editors Need To Know Now?, publié par Lana Okerlund dans L’Hebdomadaire des réviseurs, il y a quelques semaines, m’a beaucoup fait réfléchir.

Elle mettait en mots ce que j’ai l’intuition qui se passe dans l’univers de la révision depuis quelque temps déjà. C’est-à-dire que la révolution technologique engendrée par l’accessibilité accrue au Web, l’avènement des nombreux nouveaux médias sociaux et la mobilité galopante chamboule radicalement et continuellement le processus traditionnel de révision et de publication d’ouvrages ou de textes.

Ainsi, dans le domaine de l’édition, est-on passé du tout papier au tout numérique en moins de trente ans. Un document imprimé prenait jadis plusieurs années à voir le jour, alors que cette même publication s’effectue aujourd’hui en quelques mois, voire en quelques semaines (et en français, c’est toujours pour hier, n’importe comment…). Alors on peut imaginer les bouchées que les réviseurs doivent prendre pour maintenir la qualité des textes tout en répondant aux exigences de la publication assistée par ordinateur (PAO) et à la frénésie qui s’est emparée de chacun dans la course à la publication en ligne!

Sous la poussée de cette évolution, la révision est elle-même passée du tout papier, une technique connue pratiquement immuable et appliquée par de réels artisans, au tout numérique, se moulant pas à pas aux nouvelles technologies qui font leur apparition et sont en mouvance perpétuelle.

Ainsi est-on passé de la révision sur support physique individuel — attaché à un bureau (avant les années 1980) — tel que :

  • le papier;
    • modèle de publication papier
      >  
      rédaction (papier)  >  révision du manuscrit (papier)  >  mise en pages (photocompositeur-sortie papier)  >  révision/correction des jeux d’épreuves (papier)  >  insertion des corrections (photocompositeur-sortie papier)  >  bleus  >  révision/correction des bleus (papier)   production du film (photocompositeur)  >  impression  >  approbation  >  mise en marché de l’ouvrage

      Jadis, toutes les étapes de la révision/correction de textes s'effectuaient au crayon rouge sur papier. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Photo prise par Dominique Fortier @www.revisionpro.ca
      Jadis, toutes les étapes de la révision/correction de textes s’effectuaient au crayon rouge sur papier. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

à celle sur support numérique individuel — toujours attaché à un bureau (vers le milieu des années 1980-années 1990) — tel que :

  • la disquette souple (le dinosaure du numérique),
  • la disquette rigide;
    • modèle de publication au début du numérique
       rédaction (ordinateur-traitement de texte-transfert par disquette)   révision du manuscrit (ordinateur-traitement de texte [.doc]-transfert par disquette)   mise en pages (graphiste-ordinateur [PAO]-sortie papier)  >  révision/correction des jeux d’épreuves (papier)   insertion des corrections (graphiste-ordinateur-sortie papier)   bleus  >  révision/correction des bleus (papier)   film  impression   approbation  >  mise en marché de l’ouvrage

      Au début des années 2000, les spécialistes en révision se sont mis aux corrections dans Word avec suivi des corrections. Un pur enfer en soi! Mais on n'arrête pas le progrès... Photo tirée des archives de Dominique Fortier @www.revisionpro.ca.
      Dans les années 2000, les spécialistes en révision se sont mis aux corrections dans Word avec suivi des corrections. Un pur enfer en soi! Mais on n’arrête pas le progrès…

à celle sur support numérique collectif — toujours rattaché au bureau, mais accessible aux personnes qui partagent votre « circuit » (vers les années 2000) — tel que :

  • le courriel,
  • le réseau intranet,
  • le réseau Internet;
    • modèle de publication au fil du numérique
      rédaction (ordinateur-traitement de texte-courriel)   révision/correction du manuscrit (ordinateur-traitement de texte-courriel)   mise en pages (graphiste-ordinateur [PAO]-sortie PDF-courriel)   révision/correction des jeux d’épreuves (ordinateur [PDF]-courriel)   insertion des corrections (graphiste-ordinateur)   finalisation du fichier PDF pour transmission électronique à l’impression (ordinateur-courriel)   impression papier   approbation   mise en marché   et publication sur Internet sous forme de page Web en .html ou de fichier .pdf

      Depuis quelques années, on demande aux réviseurs de corriger les jeux d'épreuves en PDF. Une autre nouveauté à laquelle ils doivent s'ajuster. Encore une bonne raison de ne jamais cesser d'apprendre... On résume : la révision avec suivi des corrections en Word dans un premier temps, puis la correction d'épreuves en PDF dans un second temps. Rien de moins... Photo tirée des archives de Dominique Fortier @www.revisionpro.ca.
      Depuis quelques années, on demande aux réviseurs de corriger les jeux d’épreuves en PDF. Une autre nouveauté à laquelle ils doivent s’ajuster. Encore une bonne raison de ne jamais cesser d’apprendre… On résume : la révision avec suivi des corrections en Word dans un premier temps, puis la correction d’épreuves en PDF dans un second temps. Rien de moins…

à celle sur support virtuel (peut-on vraiment parler de support? puisqu’il n’y a plus rien « qui tienne ») planétaire communautaire ou individuel — c’est désormais votre bureau qui vous suit, accessible de partout (on y vient à grands pas) —, tel que :

  • le nuage informatique (stockage de données de grande capacité proposé par les gros joueurs du numérique).
    • modèle de publication tout numérique (aujourd’hui)
      >  rédaction (ordinateur-traitement de texte-courriel)  >  révision du manuscrit (ordinateur-traitement de texte [.doc, .txt]-courriel)   mise en pages (graphiste [PAO]-sortie PDF-courriel)  >  révision/correction des jeux d’épreuves (ordinateur [PDF]-courriel)   insertion des corrections (graphiste-ordinateur)   finalisation du fichier et sauvegarde en divers formats numériques — .pdf (impression papier et Web), .html (Web), .xhtml (livres électroniques), .css (accompagnant les fichiers .html et .epub) — (graphiste-ordinateur-courriel)  >  besoins émergents en révision/correction de textes (métadonnées, mots clés, catégories, descriptions, légendes, index-logiciels éditeurs/codeurs de textes-fichiers .txt, .html, .xhtml, .css [et autres?])   mise en marché/orbite/nuage (impression papier | site ou page Web | livre numérique et j’en oublie probablement)

      Besoins émergents en révision de textes. Où les réviseurs doivent améliorer leurs compétences. Les spécialistes en révision doivent désormais composer avec de nouvelles réalités étrangères à leur expertise de base. Il faut sans cesse apprendre de « nouvelles langues ». Photo tirée des archives de Dominique Fortier @www.revisionpro.ca
      Besoins émergents en révision de textes. Les spécialistes en révision doivent désormais composer avec de nouvelles réalités étrangères à leur expertise de base. Il faut sans cesse apprendre de « nouvelles langues ».

On le voit, la race des réviseurs-artisans travaillant sur papier a lentement muté vers celle des réviseurs-techniciens travaillant sur ordinateur dans un univers totalement informatisé en constante évolution technologique et mobile. Ils doivent sans cesse acquérir de nouvelles compétences (surtout informatiques) afin de suivre le cortège du numérique sous toutes ses formes et tous azimuts sous peine d’être déclassés.

Et tout cela, dans un contexte frénétique d’autant plus infernal qu’on se trouve en français langue d’arrivée.

Le présent article n’a pas la prétention de présenter la situation de manière exhaustive. Aussi, si vous êtes en mesure d’y apporter des précisions ou un autre éclairage, vos commentaires sont les bienvenus.

Très intéressant pour tous les réviseurs désirant améliorer leurs compétences en matière de révision en ligne, pour le Web ou le livre électronique :
La typographie du Web
La page de l’Office québécois de la langue française sur la typographie

À propos
d’édition électronique
d’extensions de fichiers (très utiles de nos jours)

La langue de départ et la langue d’arrivée d’un texte en français et en anglais : comment ça marche

anglais-langue-de-depart-francais-langue-darrivee-2

À quel moment et de quelle manière la révision française se met-elle en branle dans le processus de publication d’un document bilingue?

Langue de départ ou d’origine d’un texte
Comme tous les textes provenant du gouvernement du Canada doivent être publiés dans les deux langues officielles, le français et l’anglais, il faut que le processus de révision s’enclenche dès qu’une auteure ou un auteur a « pondu » son texte dans sa langue d’origine (langue de départ). Voici à quoi cela ressemble :

revision-en-francais-langue-dorigine-dominique-fortier-2

Donc, un texte de départ rédigé en français langue d’origine doit être révisé en français dans un premier temps, et ce, par une ou un spécialiste de la révision française.

La personne qui révise en langue d’origine doit maîtriser la langue de la personne qui a rédigé le texte. Normalement, à moins d’être un génie des langues (ce qui arrive, mais c’est plutôt rare), la personne qui rédige et la personne qui révise sont de la même langue d’origine (ou maternelle).

Traduction du texte révisé de la langue d’origine (langue de départ) vers l’autre langue (langue d’arrivée)
Une fois que le texte en révision a atteint sa forme définitive dans la langue de départ, on l’envoie à la traduction. À cette étape, la langue vers laquelle le texte est traduit prend le nom de « langue d’arrivée ». Voici comment cela se présente dans le cas du français et de l’anglais :

traduction-de-langlais-vers-le-francais-2

Révision comparative d’un texte qui revient de la traduction dans l’autre langue
Lorsque le texte revient de la traduction, nous sommes en présence de deux versions : la version en langue d’origine ou de départ et la version en langue d’arrivée. Le tableau qui suit illustre la situation :

revision-comparative-anglais-francais-dominique-fortier-2

À cette étape, il faut procéder à la révision de la version en français langue d’arrivée non seulement sur le plan linguistique français, mais également en la comparant avec la version d’origine en anglais. Il faut en effet s’assurer que le transfert d’une langue à l’autre s’est bien effectué, qu’il ne manque aucune partie de texte et que le français rend exactement le message que l’anglais véhicule.

Et c’est là la tâche de la ou du spécialiste en révision française : la réviseure ou le réviseur.

Tableau récapitulatif

tableau-recapitulatif-francais-langue-darrivee-anglais-langue-depart du processus de révision compartive anglais-français